La diffusion de la deuxième saison n'est pas terminée que déjà, les verdicts tombent. Et ils sont sans appel : True Detective n'est plus au niveau. Comme s'il fallait sans plus attendre se faire à l'idée que la création de Nic Pizzolatto ne produirait plus jamais l'étincelle de ses débuts, encensés par la critique pour son atmosphère hébétée et le jeu hanté de ses acteurs. Course à l'actualité, précipitation du jugement, volte-face subite : tout s'accélère. Au risque de commettre un excès de vitesse ?

À l’ère des réseaux sociaux, de la SVOD et de l’explosion de l’offre en matière de séries, la critique française a parfois une fâcheuse tendance à brûler ses idoles d’hier sans même leur laisser le temps d’aller au bout de leurs intentions. Jouant les girouettes ou pratiquant l’art du contre-pied, cette « critique 2.0 » est confrontée au brouillage des frontières entre mondes professionnel et amateur (et à la cacophonie qui en résulte), ce qui l’oblige à revoir ses méthodes de commentaire de l’actualité. Indéniablement, les séries se consomment et se jugent de plus en plus vite, alors qu’elles sont faites par définition pour durer.

En compagnie de Marie et de Jeoffroy, nous tentons de répondre à l’une des ambitions de l’Association française des Critiques de Séries (A.C.S.), créée en avril 2015 et proposant dans sa profession de foi de « réfléchir à [l’]évolution accélérée [de la critique] dans notre pays depuis le début des années 2000 ». Les cas d’école ne manquent pas : outre celui de True Detective, des séries d’envergure telles que Homeland ou Dexter ont d’abord été adulées puis honnies (souvent par la même critique), comme si on leur faisait payer d’être montées trop haut… sans se douter que la chute serait d’autant plus douloureuse.

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