Quel regard portent aujourd'hui les universitaires spécialisés en cinéma sur les séries télévisées ? Dork Zabunyan, maître de conférences en études cinématographiques à l’université de Lille 3, nous apporte quelques éléments de réponse dans un dialogue articulé autour de trois problématiques : les liens entre cinéma et télévision, le rapport esthétique aux séries et la notion de réalisme.

Coordinateur (avec Christophe Kihm) d’un numéro de la revue art press 2 dédié aux « Formes, fabriques, critiques » de séries télévisées, Dork Zabunyan y entendait aborder des « problèmes esthétiques qui puissent être mis en perspective historiquement et conceptuellement avec d’autres formes, notamment sérielles, ou avec d’autres objets culturels : le cinéma, la littérature, mais aussi la musique, les jeux vidéo, les arts plastiques ». Nous revenons notamment sur les passerelles entre séries télévisées et cinéma par l’intermédiaire du n° 650 de Positif (avr. 2015), contenant un dossier intitulé « Le cinéma en séries », et de la journée d’étude « Auteurs / Amateurs de séries télévisées » (Paris Diderot, 5 déc. 2014), au cours de laquelle Dork Zabunyan analysait « Du film à la série TV : nouvelles migrations des images ».

Plus récemment, il s’est entretenu – conjointement à Stéphane Delorme – avec le philosophe Jacques Rancière sur les liens qu’observait ce dernier entre esthétique et politique, et sur la haine de l’esthétique qui semblait pousser de plus en plus dans les rangs de l’université (Cahiers du cinéma n° 709, mars 2015). L’occasion pour nous de revenir sur la menace d’une « désesthétisation globale », sur l’influence des cultural studies et sur l’approche universitaire de l’esthétique des séries télévisées. En dernier lieu, nous étudions la mise à distance des images et la notion sensible de réalisme d’une fiction. « Grave méprise entre la ressemblance et la réalité », disait Jean Cocteau ; car la fabrique des images n’est jamais loin, même lorsqu’il s’agit pour Barack Obama de se faire interviewer par David Simon dans une drôle d’inversion des rôles.

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