La sortie en presse de Soap, un mook entièrement consacré aux séries, est l'occasion de revenir sur l'histoire de la critique sériephile en France. Celle-ci a connu ses premiers élans à la toute fin des années 1980, avec le lancement de la collection Huitième Art, avant d'être rejointe par des magazines papier qui, de Génération Séries à Binge, en passant par Épisode et Générique(s), connaîtront des fortunes diverses.

Du livre d'art au mook, la critique sériephile française s'est exprimée à travers une multitude de supports papier depuis une trentaine d'années, résistant tant bien que mal à la vague numérique et au culte du tout gratuit. La volonté première ? Faire des séries un art à part entière, comme s'y attela la critique impressionniste française vis-à-vis du cinéma dans les années 1920. C'est dans cette logique que naît Génération Séries, trimestriel écrit par des bénévoles qui connaîtra une longévité exceptionnelle (1991-2004), en dépit du resserrement du marché et de l'accroissement de la concurrence. D'autres magazines verront le jour (Épisode, Épisodik, Générique(s), etc.), jusqu'aux récents déboires de Binge dont l'issue semble marquer la fin d'une époque. Qu'à cela ne tienne ! D'autres formes émergent, comme le mook aujourd'hui avec l'arrivée de Soap.

Pour revenir sur l'histoire de la critique sériephile française, deux journalistes ayant contribué au premier numéro de Soap nous font bénéficier de leur expérience. Marie écrit aux Inrocks, tandis qu'Émilie Semiramoth, en poste à Télé 7 Jours, a fait partie des équipes rédactionnelles de Générique(s) et de L'Hebdo Séries. Ensemble, nous revenons sur les difficultés à faire vivre une revue papier dédiée aux séries en France, sur la récupération de la tendance par la presse non spécialisée, et sur la nouvelle forme d'expression qu'offre le mook, croisement entre le magazine traditionnel et le livre.

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