La clé d’argent (« The silver key ») est incontestablement une œuvre de transition, faisant office de liant entre « Le témoignage de Randolph Carter » (cf. #10) et « La quête onirique de Kadath l’inconnue » (cf. notre futur #49). Bien évidemment, Randolph Carter est un médium : être de passage entre les mondes du rêve et le monde réel, être de passage entre la fiction et la projection à peine déguisée de Lovecraft lui-même (comment ne pas reconnaître ici son activité professionnelle, comme son dégoût pour la banalité du quotidien, ou les faveurs qu’il accorde à la dimension du rêve ?)
Avec ses qualités et ses défauts, la nouvelle se déplie en deux temps. La première partie, éminemment philosophique, force le lecteur à mettre le personnage fictif au second plan pour ne prendre en considération que l’auteur lui-même - jamais Randolph Carter ne s’est autant effacé derrière Lovecraft. Dans la seconde partie, plus narrative, les focales s’inversent. Arpenter le rêve pour remonter le temps, tel est l’enjeu de cette conscience de soi qui s’affranchit de toute enveloppe matérielle emprisonnée dans « l’ici et maintenant ».


Lecture, Illustration et Musique de Tindalos


Prochaine vidéo : L'étrange maison haute dans la brume


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